Volontariat Workaway : Retour sur mon expérience

Avant d’entamer ce PVT au Canada, j’avais lu de nombreux articles dédiés au volontariat. Étrangement, la plupart ont été écrits par des personnes n’ayant jamais testé ce concept et décrivant le volontariat comme la meilleure façon de voyager à moindre frais, tout en s’imprégnant de la culture locale. Bien souvent, le volontariat apparaît dans des articles à liste du genre « comment voyager pas cher », entre le woofing et le couchsurfing. Même si ces articles sont purement descriptifs, l’idée m’a plu mais évidemment, rien ne vaut une expérience personnelle. Alors, est-ce que je vous recommande le volontariat ? Est-ce vraiment un moyen de voyager à moindre coût ? Je vais vous faire part de mon expérience depuis le jour où j’ai choisi de m’inscrire l’été dernier.

La plateforme de volontariat Workaway

Je suis donc allée faire un tour sur l’un des plus gros sites web de volontariat : Workaway, après avoir visité HelpX, que je ne trouvais ni attractif ni attrayant. Je me suis inscrite peu avant mon départ en payant 25€ pour l’année et j’ai commencé à chercher des hôtes. Le prix est le même sur HelpX, en revanche, pour faire du wwoofing au Canada (les prix varient en fonction du pays choisi) si vous préférez vous focaliser sur les fermes bio, il vous en coûtera 50 CAD/an, ce qui revient à 33€ environ. Ma première impression sur Workaway a été très positive, le site est clair, bien organisé et il est très facile de s’y repérer. Ce n’est pas tout car le site fonctionne un peu comme un réseau social, ce qui permet aux volontaires de se localiser entre eux, d’échanger et de partager leurs expériences. Cela peut être rassurant avant de se lancer dans l’aventure du volontariat mais ça reste utile à tous lorsque l’on souhaite en savoir plus sur son futur hôte et sur les conditions d’échange.

volontariat workaway

Tiens d’ailleurs, les conditions d’échange, c’est un aspect essentiel du volontariat. Le principe n’est pas seulement de voyager à moindre coût, il s’agit également de permettre un échange équitable : quelques heures de travail (en général 20h/semaine) contre le logement, les repas et bien sur, le partage culturel.

Mes expériences de volontariat Workaway

J’ai effectué deux missions de volontariat. La première, dès mon arrivée dans la ville de Québec, à l’Auberge Amérik, un joli petit hôtel de 8 chambres situé dans le quartier de Limoilou. J’y étais restée 1 mois et j’avais raconté cette aventure pour le moins burlesque (disons qu’avec le recul c’est burlesque, sur le coup, je ne trouvais pas ça très drôle !). Il se trouve que j’ai supprimé cet article par erreur et qu’il n’est malheureusement plus disponible mais si vous me suivez sur Snapchat (id: flyingdowntown), vous vous souvenez certainement de cette histoire.

En gros, le propriétaire exploitait les volontaires, avec l’aide de sa jeune compagne, une ancienne volontaire qui nous traitait comme des employés de bas étage. Nous étions logés dans un petit appartement en demi sous-sol et les repas n’étaient pas inclus. On avait tout de même la chance d’avoir Nico, le gérant de l’hôtel, un mec génial qui faisait de son mieux pour qu’on se sente bien. Il avait notamment intégré le petit déjeuner dans l’échange, ce qui a sensiblement amélioré l’expérience. Quant à l’échange culturel, nada ! Le seul québécois dans l’histoire, c’était justement le propriétaire et autant dire que ce n’était pas sa préoccupation principale. Ce premier pas dans le volontariat a été comme une claque en pleine figure : ces belles notions de volontariat ne sont qu’un mirage lorsqu’il y a de l’argent en jeu, c’est à dire lorsque l’on travaille pour une structure qui génère des revenus. C’est un bon moyen pour de nombreuses auberges de jeunesse ou autres structures touristiques d’avoir du personnel non rémunéré, d’ailleurs certaines se sont même faites attraper par le contrôle du travail. Cela dit, je garde un très bon souvenir de ma deuxième expérience.

Elle a eu lieu durant l’hiver dernier, de décembre à février à Montréal. Cette fois, j’ai choisi l’Auberge Saint-Paul, une auberge de jeunesse en plein cœur du Vieux-Port. L’expérience précédente en tant que réceptionniste ne m’avait pas déplu alors j’ai retenté, mais cette fois, dans un cadre plus détendu et avec une clientèle plus variée. J’ai découvert cette auberge grâce à une volontaire polonaise que j’ai côtoyé durant quelques jours à l’Auberge Amérik en juin. Elle venait juste de finir un volontariat à l’Auberge Saint-Paul où elle était restée 5 mois, autant vous dire qu’elle avait adoré cet endroit.

volontariat workaway montréal

Je me suis donc rendue à Montréal après mon road-trip d’automne dans les Provinces de l’est. J’ai découvert une jolie auberge de jeunesse, propre, lumineuse et très bien située. Le job consistait à faire de la réception 3 jours 1/2 par semaine de 18h à 00h00 ce qui représente 21h par semaine, contre l’hébergement en dortoir mixte (9 lits) et le petit déjeuner. Les horaires étaient parfaits car ils me permettaient d’avoir mes journées libres pour profiter de Montréal et 3 jours entiers pour sortir de la ville. J’étais toujours seule à la réception ce qui était une belle preuve de confiance de la part du manager !

Concrètement, le travail consistait à gérer les arrivées et les départs, encaisser les sommes d’argent, accompagner les clients à leur chambre, répondre à toutes demandes d’information touristique, répondre au téléphone, prendre les réservations et enfin, compter la caisse à la fin de mon shift. Evidemment, il faut être bilingue. Je pouvais diffuser la musique de mon choix, la réception étant située dans l’espace commun. Mon rôle consistait également à discuter avec les clients et à faire la fête avec eux, y a pire comme boulot 😀

volontariat workaway auberge de jeunesse
Quand tu prends un gros selfie avec la caméra de surveillance !

Ce volontariat a duré deux mois. Deux mois durant lesquels j’ai pu profiter d’une ville que j’adore et faire plein de rencontres. Certains voyageurs vivaient à l’auberge depuis plusieurs mois, on se voyait donc tous les jours, on cuisinait ensemble, on écoutait de la musique ensemble, on regardait des films ensemble. On finissait par se dire qu’on était devenu des colocataires vivant dans un très grand appartement ! C’était bien chouette et j’en garde de merveilleux souvenirs 🙂

Quelques conseils pour bien réussir votre volontariat 

  • Pour commencer, ça ne sert à rien de s’inscrire sur les deux plateformes (Workaway et HelpX), vous trouverez exactement les mêmes hôtes qui s’y inscrivent pour avoir plus de visibilité.
  • Cibler bien sûr correctement le lieu de votre volontariat : si c’est dans une zone rurale, veillez à avoir accès à un véhicule (certains hôtes peuvent en prêter) ou à des transports en commun.
  • Lorsque vous trouvez une ou plusieurs annonces qui vous intéressent, contactez les hôtes en leur précisant vos disponibilités. Il est essentiel de vous mettre d’accord sur les modalités de l’échange. Pour cela, n’hésitez pas à poser des questions pour que tout soit clair pour vous : si ce n’est pas précisé dans l’annonce, en quoi consiste le job ? Combien d’heures de travail par jour ? Le job nécessite-t-il des vêtements particuliers ? Serez-vous logés et/ou nourris ? Il arrive qu’aucun repas ne soit inclus ou que seul le petit déjeuner le soit. Bien souvent, lorsque vous êtes accueillis par une famille pour faire du baby-sitting ou des petits travaux dans la maison par exemple, vous partagez tous les repas avec la famille. Quelles sont les conditions d’hébergement ? Chambre partagée avec d’autres volontaires, chambre privée, dortoir… Mettez vous également d’accord sur la durée de l’échange et sur la possibilité de le prolonger. Il arrive souvent qu’on reste plus longtemps que prévu quand on apprécie l’expérience 🙂 Convenez d’un jour et d’une heure d’arrivée, si l’endroit est reculé, veillez à ce que l’on vienne vous récupérer. N’hésitez pas à poser toute autre question pertinente, du moment que ça vous rassure.
  • Je vous conseille de vous méfier des commentaires d’anciens volontaires, beaucoup n’osent pas écrire d’avis négatif par crainte d’en avoir en retour, chose qui nuirait à leur profil. Je l’ai vécu moi-même lors de mon premier volontariat en constatant que les quelques commentaires positifs sur lesquels je m’étais basée ne reflétaient pas la réalité. Entrez plutôt en contact avec les anciens volontaires directement via leur profil.
  • Veillez à avoir suffisamment d’économie si vous prévoyez de faire du volontariat à long terme car vous serez amenés à dépenser de l’argent, surtout si vous êtes dans une grande ville. Vous aurez forcément envie de tester les bonnes adresses, faire des visites au musée, utiliser les transports en commun etc…

Petite astuce

Trouvez-vous un job à mi-temps vous permettra de mettre un peu de sous de côté puisque vous n'avez pas à payer votre logement, vous pourrez ainsi prolonger votre voyage et faire face aux imprévus. Attention, vous devez pour cela être autorisé à travailler dans le pays où vous voyagez !

Le volontariat : Pour qui ? Pour quoi ? 

Il est vrai que le volontariat permet d’économiser de l’argent en voyage car vous ne payez pas l’hébergement. Selon moi, cette solution est idéale lorsque vous faites un voyage de courte durée. J’ai rencontré des voyageurs qui se servaient de Workaway pendant leurs deux ou trois semaines de vacances et qui ne voyaient pas d’inconvénient à donner un coup de main 4h / jour. Ils sont largement gagnants car ils avaient un budget prévu pour leurs vacances, l’hôtel en moins et ils avaient amplement le temps de faire les touristes.

Pour un voyage de plusieurs mois (5 et plus) c’est également possible mais à deux conditions :

  1. Soit vous passez tout ce temps chez le même hôte qui vous fourni tous les repas et vous n’êtes pas tenté de trop sortir. Ce serait le cas d’un volontariat dans une région reculée comme un volontariat au Yukon en plein hiver par exemple.
  2. Soit vous disposez de suffisamment d’économie pour subvenir à vos besoins, c’est-à-dire pour vous déplacer d’hôte en hôte (frais d’essence, covoiturage, bus etc…), pour vous nourrir, surtout si les repas ne sont pas tous fournis, pour les loisirs… Et même sans être dépensier, c’est tentant de faire des excursions, des visites culturelles, de manger local etc…

Moi qui adore tester des petits cafés sympas et toutes sortes de resto, j’ai eu du mal à résister à la tentation lorsque j’étais à Montréal et c’est d’autant plus difficile lorsque l’on rencontre un tas de monde. Je suis donc arrivée à cette conclusion rapidement : le volontariat, c’est bien, mais sur une courte durée.

J’ai essayé de penser à tous les aspects du volontariat pour vous aiguiller au mieux dans vos choix, en me basant sur mon expérience personnelle. S’il y a des points que j’ai oublié de mentionner, n’hésitez pas à me les indiquer en commentaire ! Et si vous avez déjà fait une mission de volontariat en utilisant Workaway ou une autre plateforme, partagez-la avec nous 🙂

5 Comments

  • Vu que je pars en Nouvelle-Zélande en PVT bientôt, ton article m’a beaucoup intéressée 🙂 Je ne connaissais pas Workaway donc personnellement je suis inscrite sur HelpX et WOOFing mais je me dis en lisant ton expérience que je serai vigilante dans les volontariats que j’accepterai !

    Bonne suite de PVT ! (si tu y es encore bien sûr haha)

  • Ton article est très intéressant. J’ai par contre l’impression que c’est un peu la loterie et que malgré le système de commentaires c’est dur de savoir comment sont les futurs hôtes.
    Je vais normalement en fin d’année m’inscrire sur workaway et faire du volontariat.

  • Merci pour l’article! Je ne sais pas trop quoi penser du volontariat pour comme tu le dis « une structure qui génère des revenus ». J’ai tendance à penser qu’on profite forcément de toi car il s’agit d’un vrai boulot, la structure gagne de l’argent grâce à toi. J’ai voyagé pendant presque 2 ans autour du monde et j’ai vu bon nombre de routards à la réception ou au ménage des hostels. C’est sûr ça aide le voyageur sans le sou mais ça prive aussi le local d’un emploi et c’est vraiment une solution de facilité pour le gérant/propriétaire (je me suis fait cette réflexion en Amérique du Sud particulièrement).

    Mais sinon, je trouve le concept très bien, surtout lorsqu’il s’agit d’aller partager le quotidien de particuliers pour les aider à l’entretien de leur maison/ranch/jardin, etc. Je n’ai jamais testé les workaway et autres Helpx mais j’ai fait du volontariat pour des refuges animaliers où là on te demande de payer pour bosser (pour aider au maintien de la structure, à la nourriture des animaux, les frais de veto…), mais ceci est un autre débat 😉

  • J’ai eu l’occasion de suivre ton expérience sur snapchat, cool d’en lire un résumé sur ton blog 🙂
    Pour ma part, durant mon PVT Canada, j’ai vécu un volontariat de 6 semaines dans la province de la Saskatchewan. J’étais au milieu de nul part, dans une belle maison en bois avec mes hôtes, et à 30 minutes de voiture de la ville la plus proche. 6 semaines à entraîner des chiens de traineau. Ça a été une expérience incroyable dont je garde un souvenir merveilleux 🙂

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