Travailler au Québec – Retour d’expérience

Le Permis Vacances Travail donne une belle opportunité de travailler au Québec et ailleurs au Canada, sans forcément avoir un job alimentaire. J’ai moi-même eu différents emplois durant mes deux années de PVT, et ça m’a permis d’élargir mes compétences à des domaines très variés, dans lesquels je n’ai aucune formation au départ. J’ai découvert que j’étais beaucoup plus polyvalente que ce que j’imaginais et j’ai développé des aspects de ma personnalité que je ne connaissais pas. Petit retour sur mon expérience de travail au Québec.

Travailler au Québec : comment j’ai cherché

travailler au québecJ’ai eu mon premier emploi 9 mois après le début de mon PVT. Jusque là, je vivais sur mes économies et je faisais du volontariat, ce qui me permettait d’économiser le loyer. Sauf que les loisirs finissent par coûter cher donc je n’avais pas d’autre choix que de me lancer dans le monde du travail québécois. J’avais beaucoup d’appréhensions car ma seule (ou presque) expérience professionnelle se résumait à l’enseignement de l’anglais et je n’avais pas l’intention d’avoir un emploi relié à l’éducation ici. Mais quand faut y aller, faut y aller ! J’ai donc envoyé mes premières candidatures à la fin de l’année 2016, au gré des petites annonces que je trouvais sur internet. J’ai principalement cherché sur Indeed.ca , Emploi Québec ainsi que sur des groupes Facebook. Dans les paragraphes suivants, je vous explique d’abord comment j’ai postulé, puis je fais une petite chronologie de mes différents emplois.

Indeed.ca

Vous connaissez très certainement ce site qui indexe les offres d’emploi disponibles sur des milliers d’autres. Je ne visais pas un type d’emploi en particulier donc j’entrais juste la ville et je cliquais sur recherche. Ça me donnait une bonne grosse liste regroupant des emplois très variés et je cliquais sur ce qui m’intéressait. C’est comme ça que je suis tombée sur une offre pour un emploi en télémarketing chez Desjardins Sécurité Financière. C’est le premier emploi rémunéré que j’ai eu pendant mon PVT, j’avais postulé alors que j’étais encore en volontariat Workaway à Montréal.

Le lien sur l’annonce renvoyait directement au site web de Desjardins afin de postuler en ligne. J’ai donc commencé par adapter mon CV français au CV québécois avant d’envoyer ma candidature accompagnée d’une lettre de motivation. Dès le lendemain, je reçois une réponse par email détaillant les horaires de la formation, les horaires et le lieu de travail ainsi que le salaire. A la fin, on me propose une date pour un entretien téléphonique si ces critères m’intéressent. 28h par semaine de soir, des locaux en Haute Ville de Québec près du Parlement, un salaire de 20$/h…  Oui, ça m’intéresse ! La semaine suivante, je passe l’entretien téléphonique et à partir de là, les procédures de recrutement et d’embauche se sont enchaînées: test psychométrique Atman, enquête de sécurité, demande de références professionnelles puis entretien en personne. J’ai reçu ma confirmation d’embauche le 24 janvier, et j’ai commencé ma formation le 6 février.

Je suis restée 5 mois à ce poste et j’ai décidé de démissionner en juillet 2017 (mais dis-nous pourquoi on veut savoir !! Haha, bande de curieux, je vous développe tout ça dans la suite). Je me suis donc accordé 3 mois de vacances.

Emploi Québec

travailler au QuébecVoyant mon compte en banque se vider tout doucement, je me suis mise à la recherche de mon deuxième emploi en automne. Fini les vacances ! Je cherchais simultanément sur plusieurs sites mais c’est sur Emploi Québec que je suis tombée sur une offre pour combler un poste d’adjointe en librairie au célèbre magasin de jouets Benjo, durant la période des fêtes de fin d’année. Je savais donc d’emblée qu’il s’agissait d’un emploi temporaire mais ça me convenait parfaitement car mon but était de pouvoir me payer un billet d’avion pour aller en France en février. Je procède un peu différemment lorsque je fais une recherche sur Emploi Québec :

  • Dans la partie « Offres recherchées » je clique sur « Toutes les offres »
  • Dans la partie « Régions » je choisis la région qui m’intéresse en l’occurrence Québec (Capitale-Nationale)

Puis je clique sur « Recherche avancée » en bas. Il faut d’abord choisir le type d’offre et la région avant de pouvoir accéder à la recherche avancée. Sur la nouvelle page, je vais dans la partie « Domaine d’emploi » et je choisis le domaine qui m’intéresse. Malheureusement, on ne peut pas choisir plusieurs domaines en même temps, il faut renouveler la recherche. Cette façon de procéder me permettait de faire le tri car sur Emploi Québec il y a énormément d’offres en soudure, manutention, transport et autre et ça ne correspondait pas à mes capacités physiques ni à mes compétences. La plupart des employeurs indiquent une adresse email pour candidater, c’est comme ça que j’ai procédé. J’ai donc envoyé un court email avec mon CV en pièce jointe.  J’ai reçu une réponse positive très peu de temps après.

Comme c’était prévu, j’ai quitté cette superbe librairie à la fin du mois de décembre 2017. J’ai acheté un billet aller-retour pour la France, histoire de passer du temps avec ma famille, que je n’avais pas revue depuis plus d’un an et demi. Je suis restée un mois dans mes bonnes vieilles Vosges, du 2 février au 2 mars.

Facebook

De retour à Québec, j’ai voulu m’accorder deux, voire trois petites semaines de repos avant de chercher un nouveau boulot. Sauf que j’ai trouvé plus vite que prévu. En fait, depuis que j’étais revenue, il m’arrivait souvent de survoler des groupes Facebook d’offres d’emploi en me disant que je pourrais peut-être tomber sur quelque chose d’intéressant, mais je n’étais pas dans une recherche active.

travailler au quebec pvt

La semaine suivant mon arrivée, un vendredi matin, 7h. Je suis encore bien tranquillou dans mon lit, je vais sur Facebook, je tombe sur une offre pour un boulot de téléphoniste. Ça a l’air bien simple et pas trop prise de tête, payé plus que le salaire minimum, bon… J’envoie un message privé pour me renseigner sur les horaires, j’ai une réponse dans les minutes qui suivent m’indiquant que c’est un travail de jour. Parfait ça ! Je suis donc invitée à passer directement aux bureaux de l’entreprise l’après-midi même. L’entretien était assez informel, c’était du genre « on a besoin de monde, quelles sont vos disponibilités ». Le superviseur de la succursale me présente l’entreprise, m’explique en quoi consiste le boulot, me fait visiter les locaux et me demande mes disponibilités. Je donne une réponse positive le soir même, les horaires de jour et le salaire étant très avantageux. 

Mes différents jobs à Québec

Agent-conseil en télécommercialisation chez Desjardins

Souvenez-vous, j’avais trouvé cette offre sur Indeed.ca. Mon travail consistait à faire de la sollicitation téléphonique pour vendre des produits d’assurance. Aucun rapport avec mes diplômes ni avec mon expérience professionnelle de base. Et bien sûr, je n’y connaissais rien en assurance mais la formation que j’ai reçue a été très poussée. On finit par connaitre sur le bout des doigts les produits qu’on va vendre (assurance vie, assurance maladie, assurance de crédit, etc…). J’ai aussi été formée à la vente directe par téléphone et croyez-moi, ce n’est pas simple ! Les formateurs ne nous lâchent pas jusqu’à ce que l’on soit au top. Comme bien souvent dans ce genre d’emploi, les appels sont tous enregistrés et peuvent être écoutés par nos supérieurs et évidemment, le but était de vendre. Trop de pression à la longue, j’ai donc démissionné après 4 mois. 

Et puis je ne vous cache pas que je n’étais pas très à l’aise avec le fait de vendre des produits financiers pour un grand groupe. Le salaire était excellent mais c’est bien trop loin de mon éthique. Cela étant dit, cette expérience ainsi que la formation que j’ai reçue m’ont été précieuses pour mes emplois suivants. J’ai développé des compétences relationnelles et communicationnelles que je ne soupçonnais pas.

Adjointe en librairie chez Benjo

Si vous êtes au Québec et que vous n’êtes jamais allé au Benjo, je vous le conseille vraiment. C’est l’un des plus gros (si ce n’est le plus gros) magasin de jouets au Québec. Un lieu vraiment magique, avec une librairie jeunesse absolument magnifique ! Honnêtement, c’était un pur bonheur de travailler dans cette librairie et c’est d’ailleurs le boulot le plus plaisant que j’ai eu depuis que je suis au Québec.

travailler au québec Benjo

 

J’y ai travaillé pendant la période des fêtes de fin d’année, une période durant laquelle les magasins embauchent énormément. J’étais donc en charge de la librairie, ce qui inclut la réception des livres, les entrer dans la base de données, les ranger et bien sur, conseiller la clientèle. C’était un boulot certes payé au salaire minimum (11,20$ environ à ce moment là) mais de loin le plus épanouissant. En gros, je passais mes journées à découvrir des romans (aussi lus par des adultes d’ailleurs, surtout dans les genres fantastique et science-fiction), des BD, des albums. J’ai découvert à quel point la littérature jeunesse est riche et créative et je vous avoue que ça m’a même fait regretter de ne pas avoir enseigné au primaire 🙁

Chargée des ventes

Comme je l’expliquais plus haut, j’ai trouvé ce travail via un groupe Facebook. A la base, on annonçait un poste de téléphoniste qui consistait à faire une première approche téléphonique (logique lol) pour parler de divers protections contre les insectes, sexy hein 😀 Le principe est assez simple, j’appelle des particuliers, je présente le service, si la personne est intéressée, je la transfère au vendeur qui conclut la vente et finalise le contrat. 

travailler au québec

 

Les premiers jours se passent plutôt bien, le superviseur me propose donc assez rapidement de devenir vendeuse. L’avantage, c’est que je gagne un pourcentage sur chaque vente. J’ai commencé en mars dernier et à ce jour, je travaille encore dans cette petite succursale qui compte moins de 10 employés. J’y trouve de nombreux avantages et en premier lieu, celui de n’être pas surcontrôlée par mes boss qui me laissent gérer mon travail comme je veux. Et croyez-moi, ça vaut de l’or quand on a connu Desjardins ! Au fil des mois, la direction m’a confié de plus en plus de responsabilités puisque je me suis occupé de la vente aux particuliers, de l’administration et j’ai même créé différents visuels destinés aux clients commerciaux. 

Le mot de la fin 

Tout cela pour vous dire que mes appréhensions de départ n’étaient pas forcément fondées. Ce que je tenais surtout à vous démontrer ici, ce n’est pas qu’on peut trouver du travail facilement, mais qu’on n’est pas nécessairement voués à avoir un job alimentaire dans la restauration quand on est en PVT au Québec. Je sais aussi, bien sûr, que nombreux sont ceux qui cherchent un emploi dans leur domaine d’étude mais ne parviennent pas à trouver. J’ai lu et entendu beaucoup de témoignages à ce sujet. Le problème, c’est qu’il faut connaître le marché du travail au Québec et essayer de s’y adapter. C’est sûr que le pvtiste détenteur d’un master en histoire de l’art qui veut absolument bosser dans son domaine aura beaucoup moins de chance qu’un autre pvtiste ouvert aux différentes opportunités d’emploi.

Ça pourra vous paraître cliché, mais c’est pourtant vrai (et je me base sur mon expérience personnelle) : il ne faut pas avoir peur de tenter le coup. Vous tombez sur une annonce qui vous intéresse, vous n’avez pas forcément les diplômes ni l’expérience mais vous pensez avoir les compétences ? Bah foncez ! Et n’ayez pas peur, de nombreux employeurs offrent une formation payée en début de contrat. Sachez surtout qu’il y a énormément d’entreprises qui ont du mal à recruter et cette situation donne souvent l’avantage aux candidats. Mon directeur actuel m’a carrément avoué qu’il était « en mode cruise » (« en mode drague » si tu ne parles pas anglais :D) lorsqu’il recevait quelqu’un pour un entretien d’embauche ! 

Personnellement, je ne suis pas certaine qu’en France j’aurais eu les mêmes opportunités d’emploi avec mon petit master d’anglais, après avoir quitté l’Education Nationale. Mais ça, c’est un autre sujet qui sera probablement l’objet d’un futur article 😀


 

2 Comments

    • Je sais en quoi consiste enseigner dans le primaire 🙂
      C’est très mal me connaitre de supposer que je n’aurais pas aimé, d’ailleurs on peut dire que tu ne me connais pas 😉

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